Le passé comme prélude

17 Juil 2019 | ActualitésRotary

Pendant près de 40 ans, Mark Daniel Maloney et sa famille ont prouvé que le Rotary connecte le monde. Aujourd’hui, l’homme qui se décrit comme un voyageur enthousiaste embarque pour un nouveau voyage : celui de la présidence du Rotary International.

MaloneyPassePrelude

Nous sommes dans le nord de l’Alabama, à deux semaines de Noël, et le club de Decatur vit au rythme des événements qui ponctuent cette période de fin d’année. Le samedi précédent, les membres du club et les fidèles de l’église de Stone River ont offert un petit-déjeuner de pancakes et une visite au grand magasin Target à plus de 70 enfants.

En ce lundi de réunion statutaire, l’orchestre de jazz du lycée Austin accueille les quelque 120 membres avec des airs de Noël : « Santa Baby », « Feliz Navidad » et « Baby, It’s Cold Outside », même si la température extérieure avoisine les 40°C !

Une fois les instruments silencieux, Larry Payne, le président du club, s’écrie : « Où est donc passé Mark ? » La salle pousse des exclamations et siffle avec bonne humeur. L’homme en question s’avance au podium et déclare fièrement sous les applaudissements : « Mark Maloney est à Decatur, dans l’Alabama ! ». Près de 120 personnes portent un toast. Salut au chef !

Dans son article sur la visite du grand magasin, le Decatur Daily présente Mark Maloney comme « membre du club », ce qui, sans être inexact, est loin de refléter sa stature. Depuis son entrée au Rotary en 1980, Mark a occupé les fonctions de gouverneur de district, d’administrateur du Rotary et de la Fondation, d’adjoint au président et de président du conseil de législation et de la commission de la convention de Sydney en 2014. Un petit éventail des postes occupés, tous en prélude à son nouveau rôle : président du Rotary International.

« Il n’y a pas plus qualifié pour être président », explique Bill Wyker, qui connaît Marck depuis près de 40 ans. « C’est un excellent communiquant et un esprit brillant. Il est plein de compassion et d’attention envers les autres. Personne au club n’est surpris qu’il atteigne l’échelon le plus haut. »

Bill, qui a succédé à Mark à la présidence du club de Decatur en 1986, revendique la tradition de taquiner gentiment son prédécesseur avant chaque réunion. « J’admets avoir instauré la tradition qui perdure encore aujourd’hui ! D’ailleurs Mark l’a lui-même encouragée ! Le club adore ça, et bien sûr on ne taquine jamais quelqu’un pour qui on n’a pas un profond respect. »

Dans son allocution au club en décembre, Mark, qui se décrit comme le voyageur le plus enthousiaste, cite les régions qu’il vient de parcourir. Un tour du monde qui a débuté par le Nevada et la Californie, pour continuer vers l’Angleterre, l’Inde, Singapour, l’Indonésie et Taïwan, avant le retour à Decatur. Mais le plus long voyage de Mark a commencé il y a bien longtemps, dans un pays qui, un siècle avant l’arrivée des avions à réaction, se trouvait au bout du monde.

Avec trois jeunes enfants et la perspective de riches terres agricoles de l’autre côté de l’Atlantique, Arthur et Catherine Maloney quittent l’Irlande frappée par la Grande Famine et embarquent pour les États-Unis. (Le couple laisse derrière lui deux enfants plus âgés, dont un qu’ils ne reverront jamais.) Nous sommes en 1849. À leur arrivée à la Nouvelle-Orléans, direction le Nord jusqu’au comté de Gallatin, dans le sud de l’Illinois, où ils s’installent à Pond Settlement dans une communauté d’immigrants catholiques irlandais.

Mark Daniel Maloney nait 106 ans plus tard, le 14 mai 1955. La ferme familiale, située à l’extérieur de la petite ville de Ridgway, s’étend déjà sur près de 5 kilomètres carrés. Depuis des décennies, la famille élève des bovins de boucherie et cultive des aliments pour le bétail, mais Patrick Maloney (le père de Mark) et ses deux frères optent cette année-là pour la culture du maïs, du blé et du soja. Ils achètent 6 kilomètres carrés de l’autre côté de la rivière Ohio, dans l’État du Kentucky, et doublent ainsi la surface de l’exploitation familiale.

« Mark est un gars brillantissime que l’on aime dès la première poignée de main ! »